samedi 28 juin 2014

« Péage de transit » ou l’Ecotaxe qui ne dit pas son nom : la taxe de trop !

Les seules modifications par rapport à l’écotaxe poids lourds sont le changement de nom et la diminution du réseau de 15 000 à 4 000 km. Pour le reste, elle demeure la taxe de trop. 

L’Assemblée nationale a voté ce mercredi 25 juin le remplacement de
l’écotaxe par un « péage de transit » poids lourds, lors du débat sur le budget rectificatif 2014. Le nouveau dispositif doit entrer en vigueur au 1er janvier 2015, après une marche à blanc (sans facturation) ouverte dès le 1er octobre 2014

Seul le réseau taxé en 2015 change : les routes concernées seront celles dont le trafic quotidien de poids lourds excède 2 500 véhicules, soit 3 800 km au total. Ce péage de transit devrait donc ne rapporter « que » 500 millions d’euros en 2015. 

Quel que soit son nom, « péage de transit » ou « écotaxe », c’est vraiment la taxe de trop. 

Elle est redondante. Il y a déjà la TIPP et la taxe aux essieux. 

Elle est coûteuse. 30% de ce qu’elle rapportera sera absorbée par des frais de gestion. 

Elle est injuste. Elle organise l’enrichissement sans cause des transporteurs routiers en compte pour autrui. Leurs clients devront payer une majoration forfaitaire alors même que le transporteur n’aura pas forcément payé l’écotaxe. 

Elle est doublement injuste car certaines régions seront exonérées et pas d’autres. 

Elle rate son objet. Le principe « pollueur-payeur » n’est pas encouragé. 

Elle est inflationniste. Il est évident que le réseau taxé grandira. 

Et enfin, elle est laide avec ses portiques affreux. 

Les technocrates et les élus sont restés avides de nouveaux fonds pour financer leurs infrastructures de transport. Ils n’ont absolument pas écouté les opérateurs économiques. 

Comme le déclarait dans un communiqué du 23 juin Marc Hervouet, Président de la Confédération française du commerce de gros et international (CGI), à laquelle adhère la FNICGV, « L’attitude du gouvernement confine à l’autisme et à l’incohérence. Autisme face aux inquiétudes des professionnels pour lesquels l’écotaxe-bis constituera un véritable casse-tête commercial et administratif. Incohérence par rapport à la ligne que prétend vouloir suivre le gouvernement, celle de la réduction des charges pesant sur l’appareil productif français et de la simplification administrative ».

Dominique LANGLOIS réélu à la tête d’une interprofession INTERBEV réformée


Ce 25 juin, Dominique Langlois, président de la FNICGV, a été réélu à l’unanimité à la présidence d’INTERBEV pour un deuxième mandat de 3 ans. 

Juste avant, l’assemblée générale d’INTERBEV avait adopté, à l’unanimité, de nouveaux statuts pour l’interprofession de façon à les mettre en conformité avec les nouvelles règles européennes. 

Autre point de la réforme, la règle de l’unanimité est abandonnée et les familles interprofessionnelles seront désormais réparties en quatre collèges (production, mise en marché, abattage/transformation, distribution). 

Cela permettra à l’interprofession de fédérer de nombreuses nouvelles organisations professionnelles sans bloquer les prises de décisions, qui seront dorénavant prises à l’unanimité des collèges et aux deux tiers des voix au sein de chaque collège. 

Le fonctionnement en sections est maintenu (gros bovins, ovins, veaux, équins, caprins). L’organe de décision transversal sera un comité directeur composé de 8 familles professionnelles (dont la FNICGV) et des cinq présidents des sections. 

Enfin, Marc Pagès prend officiellement le poste de directeur général d’INTERBEV. 

En s’adressant aux présidents des organisations professionnelles membres d’INTERBEV, Dominique LANGLOIS a tenu « à saluer le sens des responsabilités dont vous avez fait preuve, dépassant ainsi les intérêts particuliers pour privilégier l’intérêt collectif. Nous sommes ainsi aujourd’hui en ordre de marche et en capacité d’aborder les grandes questions qui, comme vous le savez, sont nombreuses. L’ensemble de l’interprofession est consciente que le premier sujet sera le maintien de notre filière face à la crise économique que nous subissons tous, et particulièrement les producteurs : sans l’élevage français, notre filière ne peut exister ».

mercredi 25 juin 2014

Formations certifiantes chez "Les Éleveurs de la Chevillotte"

Motivation et concentration étaient de mise le mercredi 25 juin dernier au Valdahon dans l’entreprise Les Eleveurs de la Chevillotte

Un jury de certificat de qualifications professionnelles a statué sur les compétences métiers des stagiaires dont l’ambition visait l’obtention du CQP d’opérateur de 1ère, 2ème et 3ème transformation des viandes. 

Guy Belot (président du jury) et Philippe Soulard (représentant le collège des salariés de la CPNEFP) ont été particulièrement attentifs aux gestes et postures de ces professionnels dotés d’une excellente connaissance de leur poste de travail et de leur environnement. 

Les délibérations de la commission nationale paritaire pour l’emploi et la formation professionnelle (CPNEFP) seront connues à l’automne mais d’ores et déjà il faut féliciter les dirigeants de cette entreprise adhérente de la FNICGV ainsi que les salariés pour leur engagement et espérer leur futur succès. 

Grâce à cette expérience concluante, l’entreprise souhaite poursuivre la démarche de certification pour l’ensemble de son personnel de production. 

Un bel exemple.


mardi 24 juin 2014

Un nouveau pas vers la disparition des mesures sanitaires franco-françaises


L’abrogation pourrait paraître symbolique mais elle ne l’est pas. La France vient de faire disparaître, cette semaine, son arrêté du 10 août 2001 relatif à l'interdiction d'importation de certains tissus de ruminants à risques au regard des encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST) pour l'alimentation humaine. Dans le jargon, il était baptisé « arrêté miroir » par l’administration française. Son rôle, sur le papier, était d’empêcher l’importation de produits alimentaires illicites – aux yeux du droit français – sur le territoire. 

Mais en pratique, on pouvait l’appeler « l’arrêté miroir aux alouettes » ! Un exemple. On trouvait dans cet arrêté - pendant 11 ans car la mesure a disparu en janvier 2013 - l’interdiction d’importer des cervelles d’agneaux de 6 à 12 mois sur le sol français, alors qu’en Europe seules les cervelles d’ovins de plus de 12 mois sont interdites à la consommation.  Evidemment, la demande des consommateurs n’a jamais cessé d’exister en France et l’Etat a été incapable, dans les faits, d’empêcher les importations. Le seul effet fut de laisser ce marché aux opérateurs étrangers et de pénaliser les producteurs français. 

Alors l’arrêté miroir est mort ? Eh bien tant mieux ! Cela signifie que la France renonce aux mesures franco-françaises en matière de gestion des ESST. Bonne nouvelle !  Mais ne nous réjouissons pas trop car si l’alignement sur les règles européennes est une bonne chose, il reste trois inquiétudes :

-      L’application de la réglementation européenne n’est pas harmonisée entre les pays. La France, bonne élève, l’applique à la lettre le plus souvent mais c’est loin d’être le cas chez nos tous nos voisins européens, amis mais néanmoins concurrents. Les rapports de l’Office Alimentaire et Vétérinaire le montrent régulièrement.
-          Les textes européens laissent parfois les États membres libres de choisir un certain niveau d’application. C’est ainsi que la France n’a toujours pas arrêté les tests ESB chez les gros bovins. Elle jette des millions d’euros par les fenêtres pour une maladie qui n’existe plus. 
-    Ce miroir aux alouettes français existe aussi dans les textes réglementaires européens. L’Union européenne promeut régulièrement des règles qui, sur le papier, interdisent l’importation des produits qui ne respectent pas les standards européens. Mais là encore, les distorsions existent dans les faits. Songez aux projets d’accords transatlantiques entre l’UE, les USA et le CANADA où il n’est prévu aucun engagement sur les règles environnementales ou de traçabilité.

lundi 23 juin 2014

Premier séminaire national sur l’harmonisation de l’inspection vétérinaire des viandes


C’est une première et la FNICGV y était. Depuis deux ans (cf. congrès 2013), la fédération soutient activement l’action d’harmonisation des inspections vétérinaires en France et en Europe

L’enjeu professionnel est de faire cesser les distorsions de concurrences liées aux écarts d’application de la réglementation par les services de contrôle eux-mêmes. Il faut aussi redonner de la confiance et de la visibilité sur les règles pour sécuriser les investissements dont dépend l’avenir des filières. 

Ce lundi 16 juin, la DGAL réunissait pour la première fois à Paris tous ses responsables départementaux des services vétérinaires officiels autour du thème de l’évolution de l’inspection des viandes en France et en Europe. Très honorée, la FNICGV a répondu favorablement à l’invitation. Mais elle n’a pas manqué d’interpeller les autorités sur les thèmes qui fâchent. 

Pourquoi diable la France maintient-elle les tests ESB alors que la quasi-totalité des autres États membres ont arrêté ? Pourquoi la Commission européenne n’aligne-t-elle pas les mesures de retrait des MRS sur les règles de l’OIE ? Accorderait-elle plus de crédit aux politiques sanitaires des pays tiers qu’à celles de ses propres États membres ? Le représentant de la Commission européenne, le Dr Koen van DYCK, Chef de l’unité « denrées alimentaires, système d’alerte et formation » à la DG SANCO fut bien à la peine pour répondre. 

Quant à l’arrêt des tests ESB, si la DGAL est y favorable, le dossier reste encore et toujours en attente sur le bureau du Premier ministre. Le gouvernement semble préférer aligner ses décisions sur celles de l’Allemagne. C’est bien connu, la situation financière de la France est aussi bonne que celle Outre-Rhin et elle peut encore se payer le luxe de mesures dispendieuses et inutiles … 

jeudi 12 juin 2014

72ème congrès : la FNICGV appelle la filière à redéfinir la viande de boucherie


Les générations de consommateurs se suivent et chacune consomme moins de viande que la précédente. Le credo se résume à « consommer moins mais consommer mieux ». Une nouvelle « frugalité alimentaire choisie » s’est installée pour durer. Elle s’ajoute à la frugalité conjoncturelle, contrainte par la crise économique qui sévit en France depuis 2010. La baisse des dépenses en viandes de boucherie par habitant s’accélère. Selon le CREDOC, en 1990, chaque Français y consacrait 310 € par an ; il n’a dépensé que 180 € en 2013.

Pourtant, il y a un domaine où la viande bovine progresse : le « plaisir ». Nos nouveaux consommateurs sont des stratèges experts pour acheter au meilleur prix mais ils ne renoncent pas au plaisir. La filière française doit répondre à cette attente sinon d’autres, venus des USA, du Canada, d’Argentine ou d’outre-manche s’en chargeront. Déjà en restauration commerciale, le convive – voyageur du monde – n’est pas attaché au pays d’origine de sa viande bovine. Son plaisir passe avant tout.

La segmentation du marché de la viande bovine par des jalons hérités de la crise de la vache folle conduit aujourd’hui la filière dans une impasse. A eux seuls, l’origine « France », le type racial (laitier, viande, mixte), la catégorie (vache, génisse, …) ne sont pas des indicateurs de qualité. Ils ne garantissent aucune promesse de tendreté. Les futures dénominations des viandes en libre-service porteuses d’une indication à une, deux ou trois étoiles sont un premier pas important mais ne suffisent pas.

La FNICGV appelle la filière à redéfinir la viande bovine de boucherie pour servir les segments de marché selon leurs exigences de la qualité.  Les nouveaux rayons traditionnels et la restauration commerciale seront les fers de lance de la filière pour défendre l’image d’une viande bovine synonyme de « plaisir » et d’une filière bovine française durable.

Nous assistons au retour en force des rayons traditionnels pour les viandes de boucherie. Le consommateur veut à la fois des produits rapides, en libre-service, et des produits plus qualitatifs avec un meilleur service, en rayon traditionnel. Dans les deux cas, la filière bovine actuelle n’a encore qu’insuffisamment segmenté son offre pour satisfaire ces rayons. Pire, rien à l’aval de la filière n’incite assez les éleveurs à produire des bovins pour des marchés différents et clairement définis (consommation intérieure, export, …). Ainsi, pour la consommation intérieure, il reste à définir aussi précisément que possible ce que le consommateur d’aujourd’hui attend, pour pouvoir le produire et le vendre à un prix en adéquation avec la demande. C’est tout l’enjeu du débat. Sans cela les viandes d’imports continueront à gagner chaque jour du terrain sur les segments exigeants.  

Une nouvelle segmentation reste à inventer. Elle devra tenir compte des contraintes de production économiques et sociétales.

Il reste un attrait pour les viandes issues de nos races traditionnelles. Elles incarnent nos territoires ruraux. Mais aujourd’hui, elles déçoivent, faute d’être une garantie de tendreté. 10 ans après son lancement, le segment de marché des « races à viandes » reste à vendre.

Si la viande de boucherie doit faire sa difficile révolution, le rayon traditionnel doit, lui, cesser de n’être qu’un étal : il doit devenir une vitrine attrayante, faisant plus de place aux préparations bouchères crues et aux propositions de recettes. La formation des futurs « bouchers-vendeurs » est un enjeu de filière.

Il faut réagir. La filière bovine française a encore de nombreux atouts et une excellente image hors de ses frontières.  Le consommateur veut consommer de la viande. 

La FNICGV appelle à une réflexion collective et partagée … un appel déjà entendu par les 7 présidents et représentants des familles professionnelles membres d’INTERBEV présents à ce 72ème congrès. 

lundi 9 juin 2014