jeudi 14 août 2014

Embargo de la Russie : une opération planifiée de longue date ?

Les faits sont troublants. En apparence, la Russie a « réagi » aux nouvelles sanctions de l’Union européenne à son encontre en décrétant le 6 août l’interdiction d’importation de nombreux produits agricoles et agroalimentaires (voir FLASH n°2014-31). Mais en pratique, le 7 août, les services vétérinaires russes ont agréé 89 nouveaux établissements brésiliens, dont 58 pour la viande bovine ou porcine et 31 pour les produits laitiers. De tels agréments ne se font pas en un jour ! Des audits ont eu lieu en juillet et la mission a été préparée plus avant encore. Incontestablement, le gagnant du match Russie contre Union européenne est … le Brésil ! Le même qui négocie en parallèle des accords de libre-échange UE-MERCOSUR ! Les Brésiliens seraient complices de l’embargo russe et l’Europe lui ouvrirait grand ses portes en 2019 ? Cherchez l’erreur …

vendredi 8 août 2014

L’agroalimentaire français paye un lourd tribut dans la bataille géopolitique



La France fait partie des 10 premiers fournisseurs commerciaux de la Russie. Le secteur agroalimentaire représente 10% du total des exportations de la France vers la Russie. Le marché russe représente pour notre pays un débouché important pour les exportations de produits agroalimentaires. Selon FranceAgriMer, 121 000 tonnes de viandes et animaux (soit 243 millions d’euros), 40 000 tonnes de produits laitiers et 90 000 tonnes de végétaux étaient exportés en 2013. Le coût de l’embargo devrait atteindre 1 milliard d’euros pour la France selon les diverses estimations. Plusieurs milliers d’emplois sont menacés et les entrepreneurs ont la lourde responsabilité de trouver rapidement de nouveaux débouchés. Pour l’Europe, la Russie absorbe 10% des exportations agricoles et agroalimentaires de l'Union Européenne, pour un montant de 11,8 milliards d'euros par an, selon les chiffres Eurostat. En 2013, l'industrie agroalimentaire américaine a exporté de son côté pour 1,5 milliard de dollars de produits alimentaires vers la Russie. Les groupes de produits sous embargo comprennent des produits essentiels pour l’économie des filières animales françaises. Déjà les fédérations d’éleveurs s’alarment des conséquences sur les prix de marchés. La nouvelle PAC prévoit des outils de gestion de crise. Il appartient aux Etats membres et à la Commission européenne de les faire fonctionner et par là même de montrer la solidarité européenne.