vendredi 18 décembre 2015

Crise porcine européenne : le règlement « Stockage privé » insuffisant


Une mascarade ? Va-t-on réellement désengorger l’Europe de son trop plein de viandes porcines ? 


Alors que la filière porcine européenne connaît un réel problème d’équilibre offre/demande, il était nécessaire, pour désengorger efficacement le marché, de réserver le stockage privé à la viande afin de consacrer toutes les capacités de stockage à ce produit. On ne peut que regretter que la Commission européenne n’ait pas jugé utile de tenir compte de l’avis des professionnels en maintenant le lard frais dans la liste des produits éligibles. 

Le dépôt des demandes de stockage privé démarrera à compter du 4 janvier 2016 mais le cahier des charges FranceAgriMer, qui donne les détails de l’opération, reste encore à paraître.

vendredi 4 décembre 2015

La tartuferie des pouvoirs publics sur les achats de viandes


« Soyons patriotes », « achetons local », ils sont nombreux ces politiques qui affirment leur préférence pour les viandes françaises. Mais l’intendance ne suit pas ! La réalité est loin des annonces péremptoires du gouvernement en réponse à la crise de l’élevage cet été. La revue des marchés de viandes fraîches pour la région Rhône-Alpes présentée par M. KAPFER de la société DAVIGEL (ci-contre, à droite), à l’occasion de l’assemblée générale Sud-Est de la FNICGV, est édifiante. La région Rhône-Alpes compte 10 groupements d’achat : 9 scolaires et 1 hospitalier. Sur les 468 tonnes de viande de bovine achetées en 11 lots de marchés publics, 1 seul lot demande clairement de la viande bovine française ! La hausse du seuil d’absence de publicité à 25 000 euros le 1er octobre dernier (décret n°2015-1163) est absolument sans effet. Vu la taille des appels d’offre en pratique, ce seuil est absolument ridicule. Très vite, c’est-à-dire au-delà de 209 000 euros d’achats par an, les marchés publics sont soumis au respect de la législation européenne. Toute préférence nationale est alors interdite. Et ces marchés ne cessent de recourir à la massification.


Si la filière bovine française ne se dote pas d’exigences qualitatives minimales, les découpeurs et grossistes français, tels que DAVIGEL, ne pourront pas espérer faire valoir de critères techniques qui favoriseront les achats de viandes françaises en restauration collective, et donc l’emploi en France. La FNICGV travaille à la définition d’un socle minimum de la qualité de la viande bovine française depuis juin 2014. Les enjeux sont colossaux. Sur les 63 000 tonnes de viandes bovines achetées chaque année par les collectivités, seules 21 000 tonnes sont d’origine française. C’est seulement un tiers des viandes consommées dans ce créneau de consommation. 

Sud-Est : une vie régionale toujours dynamique




Henri GABRIEL, Président de l’union inter-régionale de la FNICGV pour la région Sud-Est a accueilli les entrepreneurs de l’industrie et du commerce en gros des viandes des régions Auvergne, Rhône-Alpes, PACA et Corse lors de son assemblée générale annuelle le 4 décembre dernier à Lyon. Ils étaient nombreux à se retrouver autour d’un déjeuner convivial d’abord, puis à échanger très librement sur les multiples actualités du secteur. 

Les débats ont entre autres porté sur les achats de viandes des marchés publics après une présentation sans concessions faite par un représentant de DAVIGEL (voir article ci-dessous). Il fut également question de la concurrence déloyale provoquée encore trop souvent par l’absence d’harmonisation des contrôles vétérinaires. La FNICGV a alerté les préfectures et la DGAL à plusieurs reprises sur les dérives dans certains petits abattoirs. La fédération n’a rien contre les abattoirs de petite taille tant qu’ils se dotent, comme l’actuelle grande majorité des abattoirs, des moyens humains et financiers suffisants pour garantir un environnement de travail à la hauteur des attentes de la société d’aujourd’hui. Le secteur ne peut plus se permettre de nouveaux scandales comme ceux nées dernièrement de l’abattoir d’Alès. 

Également, les adhérents ont exprimé leur sentiment d’être face à une situation d’abus de position dominante en ce qui concerne le marché des coproduits d’abattage et de découpe. Le comité régional INTERBEV a d’ailleurs relayé ce sentiment en écrivant aux pouvoirs publics régionaux. 

Enfin, dans un tout autre registre, notre président national Gilles GAUTHIER a salué le dynamisme de l’interrégion. Elle a accueilli encore deux nouveaux adhérents cette année : CMV à LANCRANS dans l’Ain et les TANNERIES DU PUY au PUY EN VELAY en Haute-Loire.